Les recherches du LECoV sont organisées en deux grands axes, comprenant chacun différents projets:

Compréhension de la transmission des arbovirus

Pour réduire les taux de transmission virale, il faut tout d’abord comprendre les mécanismes impliqués dans ces cycles de transmission. Qui ? Comment ? Quand ? Différents projets de recherches sont en cours pour tenter de répondre à ces interrogations.

  • Consortium Zikalliance : Détermination des vecteurs du virus Zika en Guadeloupe

Ce projet européen réunit 53 institutions à travers le monde. Dans le cadre de ce projet, le LECoV mène des travaux pour déterminer les espèces vectrices du virus Zika en Guadeloupe avec une approche de terrain et une approche de laboratoire, où la compétence vectorielle des espèces vectrices potentielles du Zika  (Aedes aegypti, Culex quinquefasciatus) sera évaluée.

  •  De la Transmission verticale à la transmission horizontale des virus de la Dengue et du Zika dans les populations cubaines d’Aedes aegypti

Une femelle Ae. aegypti infectée verticalement est capable de transmettre les virus Dengue et Zika à un humain ? Cette question est le cœur du projet de doctorat de Gladys Gutierrez-Bugallo qui effectue son doctorat dans le cadre d’une co-tutelle entre l’Institut Pedro Kourí de la Havane et le LECoV en Guadeloupe, avec le soutien financier du service de coopération de l’Ambassade de France à Cuba.

  • Optimisation d’un outil innovant permettant l’identification d’espèces de moustiques et la détermination de leur statut infectieux (projet MAGIC)

L’Agence Régionale de la Santé (ARS) cofinance des recherches pour valoriser un outil d’analyse protéique en entomologie : le spectromètre de masse MALDI-TOF. Ces recherches permettront l’identification  de moustiques, et dans un but ultime, la capacité de déceler s’ils sont infectés par des arbovirus, et ce à un moindre coût et en un temps record.

Recherches autour des stratégies alternatives de lutte anti-vectorielle

Les Caraïbes font face depuis plus de 30 ans à des épidémies d’arboviroses récurrentes et de grande ampleur malgré les efforts effectués pour contrôler les moustiques vecteurs en cause. Le développement des stratégies de lutte anti-vectorielle innovantes et efficaces constitue donc une urgence. Dans un tel contexte le LECoV s’intéresse notamment (i) aux bactéries symbiotiques des Culicidés au vu de leur influence sur une multitude de traits physiologiques de ces insectes,  et (ii) à la modification du comportement des moustiques suite à l’utilisation de signaux olfactifs comme alternative à l’utilisation massive d’insecticides. Modifier le comportement pour tuer massivement ou simplement réduire les interactions hôte – vecteur permettrait de limiter les risques d’infection.

  •  Microbiome, compétence vectorielle et valeur sélective d’Aedes aegypti en Guadeloupe et Guyane française (projet AEGYPTERIA)

Ce projet s’intéresse à l’impact de la diversité microbienne et des caractéristiques physico-chimiques de gîtes larvaires d’Aedes aegypti sur la composition de leur flore microbienne. L’impact sur la survie et fécondité des moustiques, tout comme sur leur capacité de transmission virale est également évaluée. La finalité est d’identifier des taxa bactériens potentiellement utilisables dans une stratégie de contrôle des populations d’Ae. aegypti.

  • Caractérisation de phéromones à haut pouvoir attractant chez Aedes aegypti (projet PHERALAV)

A ce jour, la communication chimique intra-spécifique chez Aedes aegypti est très peu décrite, notamment pour les molécules impliquées dans son comportement d’accouplement. Ce projet a pour but la caractérisation de composés phéromonaux chez Ae. aegypti et l’évaluation de ces molécules comme moyen de lutte, pour attirer et tuer massivement, ou perturber l’accouplement et réduire les populations.